françaisenglish

Europan 9Ottignies

Lauréat

A LA CROISEE DES CHEMINS
Christophe LOOTVOET

cliquer ici pour télécharger le projet en pdf

Le projet a d'abord retenu l’attention du jury pour ses qualités intrinsèques qui ont permis d'alimenter le débat sur les questions posées par le site à différentes échelles :

Le projet permet de requalifier le territoire de la commune et d'en révéler la structure paysagère à grande échelle. D'une part il accentue le contraste entre nature et artifice : un grand "quai" monumental cadre l'axe historique des voies ferrées et souligne, par différence, la continuité naturelle de la vallée de la Dyle. D'autre part, il exacerbe les lignes paysagères ou les principes topologiques existants ( la digue, l'amphithéâtre, les cheminements piétons, vélos, le plateau ferroviaire…), qui soulignent, chacun à leur manière, les traits structurants du territoire.

Le projet permet également d'envisager une densification progressive de la ville : loin de proposer le développement de nouveaux quartiers sur des terrains à préserver, il propose explicitement soit d'intensifier la structure bâtie existante en densifiant la ville sur elle-même, soit de développer des espaces à bâtir sur les bords ou les franges paysagères. Un réseau fin de cheminements piétons et vélos accompagne ce processus en tirant parti de la poétique des bords de voie ferrée : il relie des équipements éparpillés (clinique, école de l'Athénée, centre commercial, centre culturel, centre récréatif du Bois des rêves) et des quartiers entiers jusqu'à Louvain-la-Neuve (d'où il devient possible d'accéder à la gare d'Ottignies à pied ou en vélo).

Le projet repose sur une stratégie de maîtrise des développements à venir par la mise en place de trois espaces publics majeurs d'échelles et d'ambiances contrastées :

Au-delà de ces qualités intrinsèques, le projet CC111 a ensuite été reconnu comme étant le seul à répondre à deux enjeux locaux spécifiques au site d'Ottignies :

Enjeu 1. La gare d'Ottignies est aujourd'hui la deuxième gare de Wallonie en termes de passages et pourrait devenir la première avec l'arrivée prochaine du RER (Réseau Express Régional). Mais elle est totalement saturée tant à l'extérieur (entrée unique du côté de la Place de la gare) qu’au niveau de la concentration des voyageurs sur les quais. En choisissant de placer la passerelle "Rialto" vers le nord, le projet résout ces problèmes de congestion en faisant d'une pierre deux coups : en offrant au site un deuxième accès principal directement accessible (pour les usagers des bus, des parkings ou des quartiers de la clinique et du lycée), il repositionne la "gare" d'origine au cœur d'un territoire beaucoup plus vaste qui prend une dimension et une valeur symbolique enfin en rapport avec sa nouvelle vocation. Le déplacement du principal point d'arrêt des bus permet de garantir le désengorgement de la place de la gare aux heures de pointe, d'en libérer l'usage, la traversée et la programmation. Ajoutons que le dispositif d'équipement des accès à chaque quai, l'aménagement des espaces publics ou le programme des enveloppes bâties autour de la gare est totalement ouvert à des évolutions dans le temps.

Enjeu 2. La commune d'Ottignies est appelée à évoluer très rapidement dans les années à venir, aussi bien en terme de densités habitantes que de programmation d'aménités liées à une grande gare. Mais le nombre et le comportement des acteurs ou maîtres d'ouvrage concernés est lui-même nécessairement changeant et évolutif. En définissant un cadre de référence clair, le projet retenu constitue un véritable instrument de négociation. Si les espaces publics majeurs sont rigoureusement déterminés, la nature exacte des programmes est modulable et demande à être précisée. Si les principes topologiques sont rigoureusement arrêtés, la configuration exacte des lieux, la position des passages ou la largeur des espaces de circulation est éminemment négociable. En d'autres termes, ce projet constitue une sorte de masterplan qu'il convient de rendre opérationnel en l'adaptant aux conditions réelles des projets et opérations en cours.

A ce titre le jury suggère que l'équipe soit mandatée pour approfondir le projet, tant sur le plan de l'adaptation fonctionnelle par rapport à la réalité des projets en cours que sur celui de l'expression des ambiances auxquelles les différents acteurs souhaiteraient parvenir.


Projet mentionné

ARCHIPELAGO
Alex MOWAT
associé: Diane COCHRANE
contributeurs: Petra PROBSTNER, Nathanaelle BASE-CANTILLON

cliquer ici pour télécharger le projet en pdf (large - 20Mb)
cliquer ici pour télécharger le projet en pdf (réduit - 10 Mb)

Le jury a relevé l’intelligence de lecture du site et des propositions d’aménagement.
Le projet propose de renverser la situation actuelle et de passer d’un lieu d’intersections multi-modales en un lieu de destination.

Plutôt que de résoudre des problématiques ponctuelles, il propose une transformation radicale du site.

Les interventions sont décomposées en 3 zones correspondant au phasage des aménagements.

  1. L’actuelle place de la gare est complètement réaménagée.

    Une nouvelle gare des bus s’enfonce dans le parvis de la gare et est définie par 2 ensembles bâtis :

    • à l’ouest, un bâtiment bas comprenant des commerces est érigé le long de la ligne de chemin de fer
    • au Sud-Est, une « virgule » incorpore le bâti existant et le complète le long de l’avenue des Droits de l’Homme par un immeuble haut. Cet ensemble constitue une articulation habile donnant l’impulsion pour le développement futur du site.

    On doit néanmoins s’interroger sur la justesse d’échelle donnée à cette gare de bus : l’espace dévolu aux bus est en effet plus réduit que celui dont ils disposent actuellement et la configuration de la place présentant un goulot d’étranglement risque de provoquer des engorgements importants à cet endroit.

    La gare est reconstruite sur son emplacement actuel vu l’ampleur de la proposition. Mais quelle est la « plus-value » à cette option radicale : la gare en effet est construite au même endroit, sur une emprise quasi équivalente ; le projet ne modifie pas les fonctionnalités au niveau des flux de voyageurs sur les quais qui restent donc saturés en heures de pointe. L’avenue Albert est habilement déviée le long du chemin de fer pour rejoindre l’avenue de Droits de l’Homme.

    Ainsi donc, les problèmes actuels de mobilité, d’engorgement du site par les voyageurs ne semblent pas résolus au travers des propositions faites qui semblent inefficaces et tortueuses.

  2. Le dessus du parking à étage des villas est traité en aménagement paysagé dans lequel est implanté un « hôtel-jardin ». Le texte qui accompagne le projet évoque un « hôtel-jardin » « suspendu dans les arbres ». L’idée est généreuse, mais elle n’est pas soutenue par les images proposées et les plans assez « pauvres » au niveau de l’aménagement du sol et du bord des voies de chemin de fer.

    Une passerelle avec services part du parking des villas, distribue les quais, passe sur le toit de la nouvelle gare, distribue un restaurant surplombant les quais, passe au-dessus de la ligne vers Charleroi, la rue Albert et rejoint l’espace multifonctionnel de loisirs implanté sur l’actuel parking Droits de l’Homme. Plusieurs « tours de circulations » relient le passage aux points de connections du site.

    Le texte qui accompagne le projet évoque un « pont habité » qui renvoie à une image urbaine rassurante et conviviale. Là encore, les plans ne sont pas à la hauteur de l’ambition annoncée puisqu’ils proposent un « pont » qui rigidifie les déplacements et renforce l’idée de simple passage plutôt que lieu de vie. Le tracé ondulant mais rigide et les tours qui limitent les points d’accroche du pont habité au sol confère peu de convivialité à cet équipement.

  3. Au delà des aménagements autour de la gare, le projet propose une densification de la zone entre les 2 voies ferrées en direction du centre de la commune.

    Cet aménagement se fonde sur un concept d’archipel, constitué de tours hautes sur le modèle de Manhattan « intégrant » les bâtiments existants. Si l’image exprime une réelle densité urbaine, on s’interroge sur la justesse d’échelle donnée aux emprises de ces tours : seront-elles si nombreuses, dessinées à une juste échelle, sur ce site ?

En conclusion, le projet densifie la liaison gare-centre en traitant les zones adjacentes en zones paysagères complémentaires : parking, hôtel, loisirs,… Le développement se base sur une dynamique économique voulant transcender la situation existante. La quantité des idées proposées insuffle une jolie fraîcheur utopiste au projet. Les équipements à caractère environnementaux sont légion : poteaux d’éclairage, éoliennes, qualité du traitement de sols.

Néanmoins , le projet présente des défauts majeurs de justesse d’échelle, et de représentation qui ne sont pas à la hauteur des rêves exposés.